itw-mtz-image2C’est au point Ephémère que les DJs et artistes plasticiens, Brice et Regis Abby, m’ont donné rendez-vous pour un tête à tête.

Comment êtes-vous arrivés à faire de la musique?

Un peu par hasard car suite à notre master en Gestion du marché de l’art nous nous sommes centrés sur l’art contemporain. Nous avons exposé à plusieurs reprises pour la galerie Spinello Projects à Miami. Mais comme nous étions passionnés par la musique alors nos amis les jumeaux (Adrien et Antony Maselli) et Rasmus, nous ont proposé de mixer à Bagatelle. Puis de fil en aiguille nous avons été de plus en plus contactés par entre Laurent Guyot ou encore François Marcadé, à venir mixer à des grands événements. Mais il ne faut pas oublier que la musique qui a aujourd’hui une place forte dans notre vie artistique est venue bien après notre travail de plasticien.

Vous avez complètement arrêté votre activité dans l’art contemporain ?

Nous n’avons jamais arrêté car nous sommes toujours représentés à Miami mais comme nous exposons peu sur Paris alors les gens nous connaissent essentiellement que sur notre aspect musical. Mais aujourd’hui nous rejoignons de plus en plus ces deux carrières parallèles sur une même trajectoire. Nous souhaitons par cette logique d’unification de nos deux activités de proposer un package rassemblant aussi bien la musique que l’art visuel.

Quand on travaille à deux, est ce qu’il y a des conflits dans la préparation de vos prestations ?

En effet, le processus de sélection peut se faire conjointement ou séparément. Après intervient la phase d’harmonisation qui permet de donner une forme à l’ensemble. On peut ne pas être d’accord mais notre sensibilité musicale est vraiment la même.

D’ailleurs ce thème du double est assez troublant car vous êtes toujours similairement habillés comme si vous ne formiez qu’un, pourtant vous êtes différents, non ?

Oui (Rires) En effet, comme Gilbert et George on aime ce jeu de la répétition, celui de participer à une forme de performance artistique quasi permanente qui ne crée aucune différence entre le Off et le On stage. Mais nous cherchons dans toute notre similitude à démontrer que même étant sur un pied d’égalité, aussi bien vestimentaire que physique, nous sommes au final opposés et complémentaires tels deux vases communicants. D’ailleurs, René Zazzo, psychiatre pour enfant, illustre cela très bien en comparant les couples de jumeaux à des ministres des affaires étrangères et de l’intérieures. Celui des affaires étrangères est plus ouvert que celui de l’intérieur, mais au final tous les deux dans leurs opposés ont besoin de l’un et l’autre pour se compléter.

Oui mais ce jeu du double pourrait lasser à l’avenir l’un de vous deux, non ? Et si l’un souhaite arrêter l’aventure, que se passera t-il ?  

On ne se pose pas la question, on vit pleinement les choses en essayant de voir jusqu’où nous pourrons aller. Alors nous vivons et profitons pleinement du présent car on a la chance de vivre des moments assez sympathiques. On pense à notre prestation au Bal de la Rose juste après un live de Lily Allen ou encore à la préparation de notre ep en studio actuellement.

Pourquoi ce choix de vouloir produire votre musique ?

Car nous souhaitons défendre notre style musical qui est un mélange de musique de films et de la techno de Detroit. L »expérience du Live et une étape nécessaire pour tout créatif musical. Nous avons une vraie volonté de proposer une expérience à la fois visuelle et sonore à travers un projet qui sera la frontière entre les deux genres (Art plastique et Musique électronique).

Du coup côté musique vous n’écoutez que des BO de films actuellement ? 

Oui entre autres mais on réécoute aussi le groupe écossais Boards of Canada dont on adore l’univers !

Et quelle est la tendance musicale du moment ?

On revient beaucoup à des références des années 90 avec des rythmes plus lents et plus planants.

Et sinon côté mode comment définiriez-vous votre style ?

Du minimalisme en ne mettant que du noir car nous avons pour volonté de gommer toutes les excentricités sinon on aime beaucoup la rigueur technique et la décontraction des pièces que fait Damir Doma. Mais Dans cette verve achromatique, le travail de Rick Owens nous a toujours fascinés ainsi que ces shows qui transgressent les codes du genre.

Avez-vous une anecdote à me raconter ?

Oui, d’ailleurs une récente ! Cette année nous avons eu la chance de jouer à la soirée d’ouverture du film Américain à Deauville. Le lendemain de notre mix, on est venu nous voir pour nous dire qu’Orlando Bloom, présent à la soirée, avait adoré notre travail et souhaitait nous rencontrer. On va donc pour le retrouver et quand il nous a vus de loin, il a arrêtés son interview pour nous sauter dans les bras et nous féliciter. Du coup il nous a demandés s’il était possible de lui envoyer de la musique ce qui est très encourageant !

Vous avez des bonnes adresses à me conseiller sur Paris ?

Pour diner il faut aller au « The Asado Club », puis prendre un verre au Comptoir Général. Sinon pour faire la fête nous te conseillons le Nuba où nous sommes résidents et où, grâce à Guillaume de Courson, nous avons carte blanche. Ou encore le Silencio pour ce décor toujours aussi saisissant. Sans oublier la Concrète pour sa mémorable All day long party.

Et pour finir si je vous dis Delavie, vous me répondez ?

« Rrose Sélavy  » le personnage fictif créé par Marcel Duchamp en évocation à la phrase « Eros, c’est la vie » pardi !! Mais comme tout n’est que jeu de miroir ne pas oublier Thanatos (rire)

André S Delavie

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This is at the Point Ephémère that the Djs and plastic artists, Brice and Regis Abby, gave me a rendez-vous for a tête à tête.

How did you begin to do music ?

A little bit by chance because after our master in art market management, we chose to focus on the contemporary art. We had exhibited many times for the Spinello Projects gallery in Miami. But as we were passionate by music, so our twins friends (Adrien and Antony Maselli) and Rasmus, have proposed to us to mix at Bagatelle. And then, we were more and more contacted by personnes as for example Laurent Guyot or François Marcadé, they invited us to mix at big events. But you musn’t forget that the music which has a big part in our life today came after our work of plastic artists.

Have you entirely stopped your activity in the contemporary art ?

We never stopped because we are still represented in Miami but as we exhibit not much in Paris, so the people only know us by our music, principally. But today we try to gather this two part of work in parallel on a same career. We wish by this unification of our two works to propose a package which gather music and visual art.

When we work in duo, are there conflicts during the preparation of your performances ?

In fact, the processus of selection can be done separately or together. After, there is the moment of harmonization which permit to give a form for the ensemble. We can disagree but our musical sensibility is really the same.

By the way, this duo is also troubling because you are always wearing the same clothes as if you only were one, however you are differents no ?

Yes (Laugh) In fact, as Gilbert and George, we love this game of repetition, this one to participate at a form of artistic performance which doesn’t create any difference between the Off and the On Stage. But we search through our similitary to show that even if we are at equality, as by our clothes than by our physical, we are differents and complementary in the same time. By the way, Rene Zazzo, psychiatrist for children, illustrate very well this fact, comparing a couple of twins to ministers of foreign business and interiors. Those of foreign business is more opened than those of exterior, but at final both are opposed and need each other to complete themself.

Yes but one day one of you could want to let this duo no ? And if one of you would want to stop the adventure, what will happen ?

We don’t think about this possibility, we live each things at 100%, and we try to see where we could go. So we live and enjoy our present because we are lucky to live any sympathical moments. We think about our prestation at the Bal de la Rose just after a live of Lily Allen or the prestation of our opus in studio currently.

Why this choice to produce your music ?

Because we wish to defend our musical style which is a mix between movie music and techno from Detroit. The live experience is a necessary step for every musical creative. We have a real wishes to propose a visual experience and hearing in the same time through a project which will be the frontiere between both (Plastic Art and electro music)

So about music you only listen to movie musics currently ?

Yes we can say that but we listen back to the scottish group Boards of Canada because we love their universe !

And what is the currently trend about music ?

We go back a lot to references from the 90’s with more slowly and more mind-blowing rythmes.

And about fashion, how would you define your style ?

Some minimalism because we only wear black because we don’t want any excentricities but we love the technical precision and the relaxing pieces of Damir Doma’s pieces. But the work of Rick Owens had always passionate us as his shows far of the rules.

Have you got an anecdote to tell me ?

Yes, and it talks about recently fact ! This year, we had the chance to play at the open ceremony of the movie Un Américain à Deauville. The next day after our mix, somebody came to tell us that Orlando Bloom who was present at the party had really enjoy our work and wished to meet us. So we came to meet him and when he saw us far away, we stopped his interview and jumped in our arms and had congratulate us. So he asked us if we could send him some music and this is very encouraging !

Have you got good adresses to tell me in Paris ?

For dinner, you must go to « The Asado Club » and then take a glass at Comptoir Général. To party, you can go to the Nuba where we are residents and where, thank’s to Guillaume de Courson, we have white card. Or at the Silencio for this amazing decor. Without forgetting the Concrete with his memorable All day long party.

And to finish, if I say to you Delavie, what is your answer ?

« Rrose Sélavy », the fictional personnage created by Marcel Duchamp in reference to the sentence « Eros, this is life » !! But as everything is a game of mirror

André S Delavie